Après plusieurs épisodes de canicules et une sècheresse sans précédent, l’agriculture deux-sévrienne est a un genou à terre. La Confédération paysanne tire le signal d’alarme.
Dans un communiqué de presse, la Confédération paysanne des des Deux-Sèvres dresse un constat alarmant de la situation dans nos campagnes. Voici ce qu’elle écrit.
« Lors d’une première réunion d’urgence à la préfecture des Deux-Sèvres le 13 juillet, nous nous sommes vu expliquer l’urgence de la situation par tous les intervenants présents à coup de graphiques montrant l’ampleur de la catastrophe en Deux-Sèvres, département classé noir sur sa totalité. L’État a demandé à tous les agriculteurs d’être force de proposition, d’essayer d’apporter des solutions et des idées nouvelles à la hauteur de cette crise qui n’a pas son pareil dans l’histoire agricole. »
« La Confédération Paysanne 79, avec l’appui des ARDEAR et des retours nationaux, était à ce jour le seul syndicat du département à avoir recensé les pertes, questionné, fait des tours de plaines et surtout pensé à toutes les productions de « notre Ferme Deux- Sèvres » (Chevaux, maraichage, PPAM, arbo…). Il en est ressorti deux pages de propositions urgentes et concrètes que nous avons pu fournir à toutes les administrations que nous avons rencontrées par ailleurs. »
Au bord de la liquidation judiciaire
« Nous avons pu réaffirmer auprès de chacune des instances qu’il nous faut repenser le modèle agricole actuel qui, actuellement face au dérèglement climatique, nous emmène tous droit dans le mur (30 % des structures sont au bord de la liquidation judiciaires, 64 % des agriculteurs ayant répondu au questionnaire de la chambre pensent arrêter leur exploitation, toutes productions confondues). »
Le14 août, poursuit le communiqué du syndicat agricole, « seconde cellule de crise à la préfecture. 35 intervenants pas de préfet… le sort des paysans peut bien attendre le retour des vacances de ceux qui ont le privilège de pouvoir en prendre… »
« Nous attendions des réponses à nos propositions Banques, assurances, MSA, négoce, Coop, DDT, DGFIP… tous ont su nous rappeler les plans et ficelles déjà mis en place depuis de longues années : Etalements, Mensualisation, report de prêt N+1, prêts court terme. Au mieux, prises en charges alimentées par des caisses vides avec conditions d’accessibilité irréelles ou frais bancaires indécents. »
« Constat unanime : l’agriculture (et ces acteurices) est dans la merde. »
« La bête est à terre »
« Ambiance glauque : la bête est à terre… les uns se payent sur sont dos, les autres veulent quitter le navire de peur de sombrer avec. Et pour couronner le tout, Il n’y a eu aucune réponse aux propositions faites dès juillet. Pire, certains ont osé dire qu’ils n’étaient pas au courant de nos demandes ! Le temps est suspendu tant que Mme la ministre n’a pas parlé… en vacances sans doute aussi… On s’attendait à une goutte d’eau, on a eu un tsunami… de vide. »
« Cette crise nous démontre une fois de plus l’essoufflement de la politique agricole de la FNSEA et de son bras droit, en la personne de Mme Genevard et des signataires de la LUA qui sont totalement hors sol ! »
« Le 27 août 2026, la « Ferme France » ne sera pas sauvée par les mesurettes de nos ministres. Pour la Confédération Paysannes des Deux-Sèvres ce sera le début de la révolte des campagnes française. Non pas pour survivre, mais pour vivre dignement de leur travail et sauver la « Ferme Deux-Sèvres » », termine la syndicat qui annonce des mobilisations pour septembre.