À quelques semaines de l’examen du projet de loi-cadre sur les transports par l’Assemblée nationale, Alain Rousset, président du Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine, a adressé un courrier aux 49 députés de la grande région afin de « les appeler à soutenir un texte décisif pour l’avenir des mobilités et de l’aménagement du territoire« , apprend-on dans un communiqué de presse.
Dans ce même communiqué, la Région Nouvelle-Aquitaine rappelle « que l’entretien, la régénération et la modernisation du réseau ferré national relèvent de la responsabilité de l’État et de SNCF Réseau. Le rôle des Régions est de faire circuler les TER, d’améliorer l’offre de transport et d’investir dans des trains modernes et confortables pour les voyageurs. »

Eviter la fermeture de lignes
Pourtant, observe la collectivité, depuis plus de dix ans, la Région a dû intervenir « bien au-delà de ses compétences afin d’éviter la fermeture de plusieurs lignes ferroviaires. Au total, près de 450 M€ ont été mobilisés par la collectivité pour préserver des infrastructures qui relèvent normalement de l’État. »
Pour Bordeaux, cette situation « est d’autant moins soutenable que la Région a subi une diminution de près de 300 M€ de ses ressources en seulement deux ans, du fait des décisions de l’État. Dans ce contexte budgétaire particulièrement contraint, elle ne peut plus se substituer durablement à l’État pour financer la régénération du réseau ferroviaire national. »
Toujours selon la Région, les financements nationaux continueraient de privilégier principalement le réseau structurant, tandis que les lignes de desserte fine du territoire, pourtant majoritaires en Nouvelle-Aquitaine « et indispensables à la vie des habitants des territoires ruraux et des villes moyennes », restent insuffisamment prises en compte.
« Nous avons atteint les limites de cet exercice »
Renaud Lagrave, vice-président du Conseil régional
« Depuis plus de dix ans, les Régions compensent le désengagement de l’État pour éviter la fermeture de lignes ferroviaires essentielles à nos territoires« , assure Renaud Lagrave, vice-président du Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine en charge des mobilités. « Aujourd’hui, nous avons atteint les limites de cet exercice. La Nouvelle-Aquitaine a déjà pris toute sa part, il appartient désormais à l’État d’assumer pleinement ses responsabilités. Sans un financement national durable des lignes de desserte fine du territoire, certaines d’entre elles disparaîtront dans les années à venir, avec des conséquences lourdes pour les habitants, les entreprises et l’attractivité de nos territoires. »
Pour la Région, le projet de loi-cadre constitue une avancée « majeure car il permet d’intégrer pleinement ces lignes de desserte fine du territoire dans la future programmation nationale des investissements. Faute de financement pérenne, de nombreuses lignes continueront de se dégrader et certaines seront condamnées à fermer. Il y a aujourd’hui un choix clair : soit l’État assume pleinement ses responsabilités, soit une partie du réseau ferroviaire de proximité disparaîtra progressivement. »
Aux termes de son communiqué, la Région Nouvelle-Aquitaine appelle l’ensemble des députés à « conforter les avancées obtenues lors des débats au Sénat afin de doter enfin la France d’un cadre de financement à la hauteur des besoins de ses infrastructures ferroviaires et des attentes des territoires. »