Dans un communiqué de presse, la Confédération Paysanne des Deux-Sèvres se réjouit de voir la préfecture, la chambre d’agriculture et la FRSEA de Bretagne, ainsi que la FRSEA Normandie « reprendre la position portée par la Confédération Paysanne depuis des années : la vocation première de l’agriculture est de nourrir les humains et les animaux, pas de produire du gaz. Nous en attendons autant en Deux-Sèvres et en Nouvelle-Aquitaine. »
« Il aura fallu que les prairies grillent et que les stocks de fourrages s’annoncent insuffisants pour que ceux qui ont accompagné le développement massif de la méthanisation reconnaissent enfin les dérives que nous dénonçons depuis longtemps : concurrence entre production alimentaire et production énergétique, pression sur le foncier, tensions sur les fourrages et dépendance croissante à la biomasse végétale. »
Des contrôles à renforcer
« Oui, « on marche sur la tête » lorsque des éleveurs s’inquiètent de ne pas pouvoir nourrir leurs animaux pendant que des cultures continuent d’alimenter des méthaniseurs (qui parfois ne disposent même pas d’une autorisation, comme à Villefollet). Et la boucle est bouclée quand ces cultures sont irriguées par des mégabassines qui privatisent l’eau. La situation actuelle confirme la nécessité d’appliquer strictement la réglementation. Les contrôles doivent être renforcés afin de vérifier la cohérence entre le cubage des méthaniseurs, les effectifs animaux réellement présents sur les exploitations et les approvisionnements déclarés. Un méthaniseur ne peut pas être dimensionné sur des effluents qui n’existent pas. »
Souveraineté alimentaire
Dans ce même communiqué, la Confédération Paysanne des Deux-Sèvres demande que les pouvoirs publics « prennent pleinement la mesure de cette situation et engagent une réflexion de fond sur les conséquences du développement actuel de la méthanisation. Nous rappelons que le mouvement paysan Via Campesina, à l’origine du concept de souveraineté alimentaire, présente celle-ci comme “le droit des peuples à une alimentation saine ; […] respectueuse de l’environnement, ainsi que leur droit à définir leurs propres systèmes alimentaires et agricoles.”. La France ne peut prétendre défendre la souveraineté alimentaire tout en organisant la concurrence entre les méthaniseurs et les éleveurs. La transition énergétique ne peut se construire contre l’élevage paysan. Si des élevages se trouvaient d’ici quelques semaines en manque critique de fourrages pour leurs animaux au profit des méthaniseurs, nous nous réserverions la possibilité d’actions à la hauteur de l’urgence. »