Triste été sur la plan touristique dans les Deux-Sèvres. Un premier bilan fait état d’une fréquentation globale en baisse.

Dans un contexte national marqué par une saison touristique difficile, le Département des Deux-Sèvres affiche à la fin du mois d’août une baisse de fréquentation de 2,25 % (5,34 millions de nuitées contre 5,47 millions en 2025). « Une diminution contenue alors que plusieurs départements voisins de Nouvelle-Aquitaine enregistrent des reculs plus marqués, compris entre −3 et −5 %, et allant jusqu’à −9 % », indique le Département dans son analyse maison.

Selo la collectivité, « cette saison aura été rendue compliquée par une conjonction de facteurs identifiés : une météo printanière instable, un été avec de nombreux épisodes caniculaires qui a freiné les déplacements, la hausse des carburants et un climat économique anxiogène ayant conduit les clientèles à privilégier l’épargne. »

Les canicules plombent l’activité

La baisse concerne d’ailleurs davantage les consommations sur place (restauration, activités annexes, boutiques) que la fréquentation en elle-même. Le recul, de −1,40 % à la mi-juillet, s’est creusé avec les épisodes caniculaires de la seconde partie de l’été.

« Plusieurs atouts expliquent la résistance du territoire », estime le Département : « Une situation rurale au cœur de la nature, un bon niveau d’ombragement, la présence de rivières et de points d’eau, ainsi qu’une programmation événementielle riche et souvent gratuite (FLIP, Festival de Bouche à Oreille, Opéra d’été, Au Fil du Thouet, etc.) qui a soutenu la fréquentation des hébergements. Cet été, les clientèles ont clairement recherché des animations et des expériences gratuites. »

Une consultation réalisée auprès de plus de 175 professionnels du tourisme mentionne « un ressenti contrasté : 21 % jugent la saison de meilleure qualité qu’en 2025, 32 % la considèrent stable et 47 % annoncent une activité moins bonne. »

Embarcadères : activité stable

Saison mitigée pour les principaux embarcadères, où les groupes démarchés ont permis de sauver la saison face à des clientèles individuelles moins présentes et plus exigeantes. Ce sont les activités annexes (snack, restauration, location de vélos) qui pâtissent le plus du recul du pouvoir d’achat. Les professionnels appellent à une adaptation des horaires si les étés caniculaires se reproduisent (ouverture matinale, longue pause méridienne, ouverture tardive) et sollicitent l’accompagnement de la direction du tourisme du Département.

Saison mitigée pour les principaux embarcadères. Photo Karine Lambert

Hôtellerie : en baisse

L’activité recule dans la majorité des hôtels deux-sévriens. Les établissements proposant de la restauration ont davantage souffert sur cette activité que sur l’hébergement. Le contexte météorologique et certains événements sportifs, dont la Coupe du monde de football, ont annulé ou différé des séjours. Les hôtels climatisés limitent mieux la baisse, sans échapper aux pertes d’exploitation. La filière doit en outre composer avec la généralisation du « last minute ».

Restauration : en baisse

Comme l’hôtellerie, et pour les mêmes raisons (canicule en tête) la saison s’avère compliquée, y compris pour les établissements misant sur la qualité. Selon les professionnels de la filière, une baisse d’activité d’environ 15 % est constatée par rapport à une saison 2025 déjà en repli. Des recrutements ont été gelés faute de trésorerie et les restaurateurs ne peuvent répercuter qu’en partie la hausse des matières premières.

Les restaurants du bas de la Brèche à Niort.

Hôtellerie de plein air : stable

Les plus grands établissements s’en sortent correctement, voire bien, quand la situation est plus difficile pour les petites structures moins équipées. Les activités annexes fonctionnent lorsqu’elles offrent le bon rapport qualité-prix. Les campings doivent intégrer l’évolution des comportements : raccourcissement des séjours et progression des véhicules motorisés (vans, camping-cars, caravanes). Grâce au cadre rural, à l’ombrage et à la présence de points d’eau, l’activité paraît meilleure qu’au sein des départements côtiers voisins.

Gîtes, chambres d’hôtes, meublés et locations : en baisse

Saison irrégulière pour la centrale des Gîtes de France : avril et juin ont été mauvais, tandis que juillet et août sont jugés plutôt satisfaisants. L’ombrage et la fraîcheur des vieilles pierres ont limité les pertes de remplissage lors des fortes chaleurs, mais les clientèles ont réduit leurs consommations. Les hébergeurs pointent la concurrence forte d’Airbnb et des plateformes (Booking, Abritel). Indicateur positif : de nombreux hébergements ont bénéficié des événements et manifestations locales.

Sites de visite : en baisse

Après plusieurs années de hausse continue depuis 2018, l’activité recule dans de nombreux sites. Les sites départementaux (Zoodyssée, Tumulus de Bougon) limitent la baisse, voire progressent, grâce aux événements, expositions et nouveautés, tout en subissant les journées caniculaires. Certains sites privés ont connu des difficultés. L’activité est très hétérogène pour les kartings, accrobranches et loisirs liés aux plans d’eau, de plus en plus fermés pour cause de cyanobactéries. Plusieurs sites appellent à renforcer la communication auprès des clientèles de proximité.

L’entrée du Zoodyssée

Offices de tourisme : stable

Saison en dents de scie, ponctuée de temps forts et de périodes plus creuses liées aux canicules. Le tourisme itinérant (cyclotouristes, randonneurs) a été moins présent comme à l’échelle nationale. Le mois d’août, moins chaud que juillet, a été meilleur en termes de demandes de renseignements. Les événements, principalement gratuits, ont maintenu un bon niveau d’animation dans les communes et soutenu la fréquentation des hébergements. Les offices constatent en revanche une baisse dans les restaurants, avec des terrasses parfois vides.

A savoir

Cette enquête a été réalisée fin août 2026 auprès de 175 professionnels, complétée par la centrale des Gîtes de France (250 propriétaires) et l’UMIH Deux-Sèvres (140 professionnels).